LISTER STORM (1996) |
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Moteur V12 Jaguar 7 Litres Biturbo |
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Mais au fait, où le V12 Jaguar a-t-il été caché, à l'avant ou à l'arrière ? |
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Sous le capot, un V12 Jaguar porté à 7 litres et martyrisé par deux gros turbo compresseurs. Lister garantit un minimum de 600 ch. Complètement transformée, cette digne et sage mécanique devient féroce et mugit dans la Lister. |
VOICI CE QU' EN A DIT L'AUTO-JOURNAL, en janvier 1996 |
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A la première rencontre, c'est un choc. Belle ? Ce n'est pas le mot. Faciès grimaçant, profil taillé à coups de serpe, la Lister Storm impressionne plus par son aspect bestial que par sa beauté formelle. Près de deux mètres de largeur, les épaules avantageuses, la bête dort, tapie au sol. Ses paupières se soulèvent, ses yeux s'allument, me fixent méchamment et soudain le monstre rugit pour s'extraire des ateliers Lister, à Leatherhead (tête de cuir, cela ne s'invente pas !), au sud de Londres. La Storm n'a été construite qu'en trois exemplaires dont l'un a couru au Mans. Aujourd'hui, il en reste deux en circulation, le premier appartient au sultan du Brunei, le deuxième est à moi pour quelques heures. Franchir le large marchepied, se glisser le long de l'énorme tunnel central dans habitacle intégralement gainé de somptueux cuir Connolly. Tiens, vu de l'intérieur, le monstre se fait chaleureux et convivial. Climatisation, chaîne hi-fi, réglages électriques des sièges, rien ne manque pour démentir l'impression première. C'est luxueux, bien fait, mais au fond très conventionnel dans la présentation. Troublante impression de déjà vu en contemplant la planche de bord: le combiné porte-instruments provient d'une BMW Série 8. Déception : de nombreux boutons et quelques commandes figurent à l'inventaire Volkswagen. J'avais déjà remarqué les feux arrière empruntés à une Audi 80. Bricolage ? Escroquerie ? Certaines Ferrari utilisent bien des commandes Fiat ... L'essentiel est ailleurs. Sous sa carrosserie en fibres de carbone et Kevlar, la Storm est constituée comme une athlète de compétition. Châssis caissonné superbement réalisé en matériaux composites-sous forme nid d'abeilles- et aluminium, suspensions triangulées réglables à la demande, énormes freins Brembo de 14 pouces à étriers quatre pistons. Les jantes OZ de 18 pouces sont chaussées en 245/40 à l'avant et 335/35 à l'arrière. De la belle ouvrage, assurément. La mécanique ? Un V12 Jaguar, bien sûr. Mais qui serait tombé dans une potion magique.
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Surprise :
l'habitacle est entièrement tendu du meilleur cuir Connolly. |
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Quatre places
nettement séparées par l'énorme tunnel de transmission. |
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Le gros V12 Jaguar est servi par une boîte Getrag, à 6 rapports, identique à celle d'une BMW 850. Renforcée pour faire face au couple surabondant, elle est très dure à manipuler. |
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La cylindrée, jugée malingre et chétive, a été portée ... de 6 litres à 7 litres en jouant joyeusement sur l'alésage et la course. Pour faire bonne mesure, chaque banc de cylindres est "boosté" par un bon gros turbocompresseur. Du coup, sa bonne éducation toute britannique vole en éclats. Exit le velouté soyeux des Daimler Double Six: ce doux V12 saisi par la débauche avoue rien moins que 600 ch. ! C'est un minimum. Certains moteurs, au banc, en ont donné 100 de plus. Rien que d'y penser... D'abord se familiariser avec le monstre. Rouler lentement pour franchir les ralentisseurs : la garde au sol est extrêmement réduite. Bien prendre ses marques: la voiture est si large et les routes anglaises sont si étroites. De surcroît, c'est une conduite à droite, bien sûr. Donc le levier de vitesses est à main gauche. Ne pas se tromper dans la sélection des six rapports de la boîte Getrag... elle aussi empruntée à une BMW 850. J'aborde une section de voies rapides, larges et dégagées. J'ouvre en grand. La Storm bondit en mugissant férocement. Une impression indescriptible. La boîte est dure et je soigne mes changements de rapports. A chaque passage de vitesse, I'ouragan faiblit, me permettant de recouvrer mes esprits. Puis c'est de nouveau l'explosion, inouïe.
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Garder la tête froide, viser au fond de l'horizon qui se rétrécit terriblement, s'arc-bouter sur les freins pour ne pas pulvériser la voiture qui, devant moi, roule tranquillement à 200 km/h. Les ralentissements sont encore plus brutaux que les accélérations qui, pourtant, sont d'un niveau extrêmement élevé. La Storm est capable d'abattre un 0 à 100 km/h en 4,5 secondes. Lister revendique une vitesse de pointe de plus de 320 km/h ! Possible. Je n'ai eu ni le coeur ni l'occasion de le vérifier. Pour juguler ce déferlement de puissance sur les roues arrière, le conducteur peut compter sur un antipatinage qui régule chacun des douze cylindres en cas de besoin. |
Mais l'un des hommes de Lister, qui m'accompagnait, m'expliquait avec un humour très british, qu'il était loisible de le débrancher pour jouer les hooligans et pour faire fumer les pneus. Très stable à grande vitesse, la Lister Storm est. en revanche, difficile à conduire vite sur une route sinueuse et bosselée. Le châssis rigide et très fermement suspendu ne pardonne rien. C'est une voiture de piste habillée en smoking. Brutale, bestiale et attachante. Si la Storm vous tente, prévoyez un chèque de 219.725 livres. Un million sept cent mille francs, au cours du jour. Ne vous en privez surtout pas. Le Sultan ne sera pas votre cousin ! |
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Tel un fauve dans sa robe noire, les yeux brillants, la Storm dévore le bitume à une allure hallucinante.
Accélérations brutales, freinages violents : sensations fortes. Si vous en voyez apparaître une dans votre rétroviseur ... |
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Vision unique et fugitive. Faites vite pour la contempler : la Lister Storm s'échappe vers l'horizon dans un bruit déchirant et impressionnant. |
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* (N.D.L.R.) : régime peut-être optimiste ... |
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