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J'avoue. J'ai craqué! Je renie la religion du milieu de gamme et je me convertis à l'interminable capot, au souffle puissant du V12, aux enivrantes effluves du cuir Connolly... Aussi coûteux qu'une secte, mais plus agréable: le convertible
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Coventry, mai 1985. Sir John Egan, chairman de Jaguar Cars, convoque dans son bureau Ken Giles, membre de la direction de la production. John Egan lui explique que les études liées au projet XJ 40 sont maintenant terminées et que la firme peut donc, dès aujourd'hui, se lancer dans la conception d'un véritable cabriolet développé à partir du coupé XJ-S. Un projet certes moins ambitieux que celui de la XJ 40, mais que Sir Egan tient fort à coeur. Le chairman de Jaguar propose donc à Ken Giles de superviser ce nouveau projet. Celui-ci accepte immédiatement et forme son équipe. Douze hommes pour un cabriolet... Des hommes issus de toutes les spécialités que compte l'industrie automobile. Ingénieurs, commerciaux, hommes du marketing, de la finance, ou de la fabrication. Ken Giles leur communique le but à atteindre. Il est d'une rare simplicité: "Réaliser une décapotable qui se situe au top niveau mondial. Le véhicule devant, de plus, pouvoir être exposé dans sa configuration définitive, au Salon de Genève 1988. La commercialisation européenne pouvant commencer dès le mois de mai de la même année. " Evidemment, l'équipe ne part pas d'une page blanche. La base reste bien entendu la XJ-S, ce coupé aux lignes hors du temps qui affiche allègrement ses treize printemps. Et que d'évolutions au fil de ces années! De la première version du coupé (sans une inch de bois à l'intérieur...), au très discutable faux cabriolet (avec arceau) XJ-SC, véritable frustration de l'amateur de conduite à ciel ouvert. |
Les aménagements intérieurs ont reçu le bois qui revient de droit à toute Jaguar, et, plus récemment, une suspension "sport" a fait son apparition sur les versions équipées du 6 cylindres de 3,6 litres. Toutes les versions sont maintenant équipées en série du système antiblocage Teves. Ken Giles et se hommes vont donc devoir faire avec... En ce qui concerne la conception du nouveau cabriolet, ils doivent résoudre deux problèmes. D'une part, la rigidification nécessaire de la structure. Pour cela, près de 170 pièces seront partiellement ou totalement modifiées. C'est autour du tunnel de transmission, des tabliers avant et arrière, et de la partie supérieure du plancher que sont concentrés les principaux renforts. De plus, des tubes d'acier sont implantés dans les bas de caisse et les montants avant afin de renforcer la rigidité en torsion. D'autre part, les évidentes modifications concernant la carrosserie.
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Les principaux changements concernent les ailes arrière, le panneau qui se trouve juste derrière la capote, le pare-brise, et les portes qui se voient privées de montants. Et bien sûr, reste la capote, pièce fondamentale et souvent bancale de tout véritable cabriolet. Celle de la XJ-S Convertible se distingue par sa lunette arrière en verre chauffant et une commande électrique qui actionne également les minuscules vitres arrière. Contrepartie de ces nécessaires aménagements: une augmentation du poids de 100 kg par rapport au coupé, un chiffre qui, compte-tenu du gabarit du véhicule, semble tout à fait raisonnable. Travaillant en étroite collaboration avec Karmann, l'équipe de Ken Giles a donc gagné le pari que Sir John Egan lui avait proposé, et présente donc son oeuvre au mois de mars à Genève tandis que les premières automobiles de série sortent des chaînes. Comme nous l'avons vu, la XJ-S V12 Convertible se distingue donc assez nettement de sa soeur coupé. Mais elle n'en reprend pas moins quelques éléments essentiels. A commencer par le moteur. Seul le V12 sera disponible sur le cabriolet. Qui s'en plaindra? Pas nous, avec ses 5,3 litres et ses 295 chevaux, il annonce la couleur de belle façon. Bien entendu, la transmission se fait de façon automatique grâce à l'antique boite à trois rapports.
C'est beau. |
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Le propriétaire de la XJ-S Convertible possède également une barque mais elle est sensiblement plus grande que celles qui sont à quai.
HUMEUR
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CONCLUSION
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Grande ou petite Corniche? Peu importe du moment que c'est en Jaguar Convertible.
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Maintenant deux bonnes nouvelles. Primo: la XJ-S Convertible est proposée en France à 386000 francs, ce qui, en regard de la concurrence (suivez mon regard outre-Rhin), est un cadeau. Secundo: les trente exemplaires qui sont destinés en 1988 à la France sont d'ores et déjà tous vendus. Vous pourrez donc facilement faire croire à vos voisins que vous souhaitiez en commander une, mais ne pouvant attendre 1989, vous y avez finalement renoncé... |
Dur métier que celui de l'essayeur confronté à une Jaguar XJ-S Convertible. Deux choix se proposent à lui: se draper de son sérieux de professionnel endurci qui a déjà testé tous les cuirs du Sussex (et d'ailleurs) ; ou laisser parler le coeur, la passion. Mettons-nous dans le premier rôle. Dénonçons alors ce V12 aux accélérations quelques peu timides (rapportées aux 295 chevaux annoncés) alarmons-nous face à un freinage manquant singulièrement de mordant, réprouvons sévèrement la bruyante capote et une monture pneumatique vieillotte. Mais, dans ce cas, célébrons aussi un confort exemplaire, une tenue de route tout à fait correcte, une bonne direction assistée, et tout le reste. J'ai nommé une ligne "à mourir", un intérieur de bois et de cuir vêtu, que tous les constructeurs européens envient aux britanniques. Mais là n'est pas la façon dont il convient de juger telle automobile. Et s'il s'agit d'un jugement c'est celui de la passion, un de ceux qui ne se discutent pas. Rentrer dans l'environnement d'une XJ-S Convertible, c'est d'abord considérer l'automobile à travers la lorgnette du cabriolet. Ce mot magique suffit à lui seul à changer l'homo automobilis. Foin des performances, trêve des consommations, seul critère autorisé: le plaisir. Et à considérer cela, s'il n'en restait qu'une, nul doute que la XJ-S serait celle-là.
Cette Jaguar doit être conduite comme une américaine des années 50. Le volant tenu d'une seule main, le coude à la portière; vitesse moyenne: 90 km/h. Ce que d'autres appellent le cruising. Pour cela pas besoin d'une sobriété exemplaire (ça tombe bien, avec le V12 !), ni d'accélérations phénoménales, ni même d'une tenue de route irréprochable. Seule requête: de la conduite facile, du confort et du luxe. Vous comprenez donc mieux maintenant pourquoi la Jaguar peut faire référence dans la catégorie. Unique reproche possible avec ces critères: les réglages de sièges manuels. Pas de quoi passer à la concurrence(!) japonaise, vous en conviendrez!

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Pas brutal, le V12 ! Mais quelle musique...
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Jaguar XJ-S Convertible... version parisienne, mais toujours aussi belle! |