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XJ-S ... et la concurrence

 

Pour Jaguar et la gamme des XJ-S, après environ 8 ans d'exploitation de la version unique constituée par le Coupé à moteur V 12, la nécessité d'une diversification de l'offre s'imposait, pour contrer une concurrence qui se développait tous azimuts. En 1983 - 1984, la sortie du nouveau 6 cylindres en ligne de 3,6 litres et 24 soupapes, vint à point pour contrer un nombre important de modèles concurrents d'origine européenne et japonaise.

Second épisode : 3,6 litres, Coupé (1984 - 1990)
et Targa (1984 - 1988)

 

 

Les concurrentes retenues, et non retenues

 

En faisant cet inventaire pour l'épisode précédent (Coupé V12, pré-HE), le rédacteur de cette chronique avait mangé son pain blanc : une décennie après ce coupé- là, la mondialisation dans la conception et la fabrication de coupés B.C.B.G. et GT malgré tout, était en route, avec une large gamme de concurrents sur la route du nouveau 3.6 Jaguar.

 

 

Voici donc quelques raisons du choix des modèles figurant dans le tableau ci-joint et de ceux qui ne s'y trouvent pas.

·  Avec 220-225 CV selon les sources, à sa sortie, XJ-S 3.6 s'est trouvé confronté dès 1984-1985, puis dans les 3 à 5 ans qui ont suivi, à des concurrentes disposant de près de 250 à 260 CV et de prix dans la norme : c'est à peu près à cette limite supérieure de puissance que s'est arrêté le choix des concurrentes.

Vers le bas de la gamme des chevaux, la limite est plus difficile à fixer : les 180-190 CV retenus correspondent à un temps sur 1000 m départ arrêté   à 30 secondes qui, il y a bientôt 20 ans, constituait la limite d'accès à l'appellation GT, sinon GTI, GTS, GTV ou autres.

 

·  Vroom ... Vroum ou pas ? Certes XJ- S 3.6 ne l'est pas, mais la limite sur le point de «l'être ou de ne pas l'être» est bien subjective, dans sa définition. Cependant, tout comme dans l'épisode précédent, ne sont pas retenues ici les Porsche 911, Ferrari 308.

·  En XJ-S 3.6, les versions Targa importées en France sur guère plus de 3 ans ont été en nombre de l'ordre de 60 exemplaires : cela dispense, ici, de mettre dans les tableaux toutes les versions cabriolet dérivant des coupés cités : principalement Mercedes, Porsche (944), mais aussi Venturi, et Maserati (Biturbo). A leur prix près, ces cabriolets conservaient les caractéristiques des coupés, en particulier en matière d'habitabilité, à l'exception des roadsters Mercedes, de la série SL, qui perdaient leurs 2 places arrière, tout comme l'XJ-S Targa.

 

XJ-S 3.6 Coupé et Targa

 

Pour la signification des valeurs chiffrées de performance et des appréciations (traduites en notes) les concernant, dans le tableau, on se reportera à ce qui en a été dit au début de l'épisode précédent
(coupé V 12 pré-HE)

 

 

Avec leur poids de la catégorie «Sumo», juste égalé par quelques Mercedes, les performances en accélération et reprise des XJ-S 3.6 devenaient juste moyennes, pour ne pas dire un peu en dessous, ce qui pouvait correspondre à l'objectif pour les acheteurs de cette version d'économiser quelques points de permis (!), par rapport au V 12 plus puissamment motorisé.

 

 

Le gros mérite de l' XJ-S 3.6, en 1985 comme 15 à 20 ans plus tard, réside dans l'homogénéité des 4 notes indiquées dans le tableau (sauf pour le Targa, pour cause d'habitabilité réduite).

 

 

Pour les caractéristiques détaillées et les essais en 1985 de ces deux versions d' XJ-S, on se reportera dans le Sommaire aux rubriques "Coupé" et "Targa".

 

 

 

Caractéristiques, qualités et défauts de la concurrence

L' homogénéité de l' XJ-S 3.6 ne pouvait pas rester sans réplique.

 

Il y avait déjà concurrence avec des versions d'XJ-S, puisqu'en 1985-1986, le 3.6 découvrable (Targa) était vendu au même prix que le coupé V12, à toit bien fixé : joyeux dilemme, à cette époque !

Dans ces mêmes années 85-86, l'automobile était entrée dans sa période «Techno» : c'était le miracle de la multiplication ... des soupapes, la vulgarisation du turbo- E.P.O., ou même la combinaison des 2 techniques (pourquoi faire simple, quand on sait faire compliqué ?) ; tout cela est largement présent dans le tableau joint.

Pour situer les concurrentes d' XJ–S, on peut rentrer dans le vif du sujet par l'appréciation de leur «look» en 2003 : c'est un point qui doit être peu sujet à discussion (quoique .!), au moins pour les coupés qui héritent des notes extrêmes : soit comprises entre 1,5 et 2,5, soit tendant vers le 5 de la perfection, ou du «grand méchant look».

On peut noter, dans le tableau, il y a 12-15 ans tout comme aujourd'hui, une opposition nette entre «look» et habitabilité : certains des coupés allemands, au profil bien proche des berlines dont il dérivaient, en font les frais.

 

Bien en dessous de la moyenne

 

Opel Monza

 

·  est aujourd'hui tout en bas de l'échelle, quels que soient l'angle et le profil sous lesquels on la regarde. Bien entendu, vers 1985, son prix d'achat était au moins 2 fois plus faible que celui de beaucoup des coupés du tableau de ce comparatif.

On en avait donc pour son argent. Mais seul Coluche ou l'un de ses émules, pourrait bien avoir eu l'idée de créer un Club Opel Monza !

 

 

 

Autour de la moyenne

Derrière cette Opel venaient en rang serré :

 

Audi Coupé Quattro Turbo

 

 

Moteur et transmission sauvaient la mise.

Alpina B9

 

 

Dérivé au moteur amélioré du BMW 635 (examiné dans le 1er épisode), mais dont le profil a plutôt mal vieilli, 18 à 20 ans plus tard.

 

Mercedes 300 CE et 300 CE-24

 

Dérivés de la berline E : les 12 soupapes pour la 1ère, ou 24 pour la 2nde ne changeaient pas grand chose à l'allure (Qui a dit : "coupés de dames ..." ?).

Mercedes 420 SEC

 

Une classe de taille en dessus des 2 précédentes, mais pas de quoi relever grandement la note de "look".

 

Nissan 300 ZX Turbo

 

 

Il est ici dans sa 1ère version connue en France, mais dont l'origine, au Japon, remontait à 1978, ceci expliquant cela en matière de ligne. Certaines concurrentes avaient mieux vieilli, dont XJ-S, of course ...

Alpine V6 Turbo

 

 

En V6 (Renault) 2.5 puis 2.8, et quand même 265 CV pour cette dernière. Pour la "gueule", leur inconvénient est d'apparaître comme une version "relookée et body buildée" de l'A310, 4 cylindres, 1600 cm3 et 2 carbus., de ... 1971-1972, qui en est la base.

 

Ces coupés du groupe autour de la moyenne se situaient au dessus d'un XJ-S 3.6, pour les accélérations et reprises (sauf pour l'Opel et la Mercedes 300 CE 12S) : les 150 à 450 kg de plus, pour XJ-S, se payaient très cher. Ce n'était pas non plus une affaire de boîte méca., présente sur la quasi-totalité des concurrentes, puisque dans le tableau, les perf. d'XJ-S correspondent à cette configuration en BM5.

 

 

Au dessus de la moyenne

Les concurrentes constituaient, là aussi, un groupe compact, et de qualité. Il fallait (vers 1987-1989) et il faut encore aujourd'hui, accorder à XJ-S un gros coeff. pour la note de «look», pour lui permettre de tenir tête à celles-là.

 

Maserati 222 SI

 

Trop Vroom Vroum pour faire partie des concurrentes, diront certains ! Pas sûr du tout. D'abord, pour le vérifier, il faudrait en trouver une: la qualité de fabrication (moteur, boîte), ne lui prédisait pas forcément une longue durée de vie ...

Par ailleurs, elle n'était  pas trop typée «Sport»,  malgré  le(s)  sifflement(s) des 2 turbos, avec un  équipement incluant :  cuir, clim, sièges à  réglage électrique(*).

En matière d'image, à côté d'une carrosserie banale, mais discrète, il y avait :

·  la partie visible : trident (de Neptune) sur la calandre et en quelques autres endroits que je ne saurais tous nommer ...

 

 

 

 

(*) Réglage dont mon XJ-S de 1991 ne bénéficie pas. On aura quand même compris à la longueur de ce laïus, que cette Maserati est un peu le chouchou du rédacteur.

 

·  la partie invisible, capot moteur fermé : multisoupapes, biturbo, couvre- culasses et autres accessoires métalliques teintés en rouge, le plein de tubulures chromées entre turbo, échangeur air/air et admission : avec turbo et échangeur en double, il y avait de quoi faire. Tout cela pour descendre à "moins de 5", de 80 à 120 km/h, en 3ème. Qu'on se le dise et fermez le ban !

 

Nissan 300 ZX

 

Toyota Supra (24 S)

Toyota Supra (Turbo)

 

Porsche 944

 

 

Rien à dire : du sérieux, bien fait et solide, avec en plus une variété de modèles ... tous basés sur le choix unique de 4 cylindres, chacun de la taille d'une «grosse gamelle» ; sur ce point, 4 seuls cylindres pour 3 litres (la S2), c'était du jamais vu depuis ... des temps immémoriaux(*).

Malgré tout, en plus des bonnes perf., chrono en main, cela fait une belle homogénéité de notes, excepté en habitabilité, pour cause de taille globale de la voiture plutôt réduite.

(*) Une prime pour le lecteur qui a la bonne réponse ! (qui sera vérifiée quand même, ici, dans la base de données ...)

 

Mercedes AMG et Brabus

 

Deux versions de préparateurs pour des modèles «à étoile», relevant un peu les prestations quelconques de 3 modèles de la maison-mère, indiqués un peu plus haut.

Pour le coupé 300 CE AMG, 250 cm3 et 55-60 CV changeaient tout, par rapport au modèle de base ; le 3,2 litres à simple ACT et 12 S et en BA4 faisait presque jeu égal avec un XJ-S V12, pré-HE ou HE : un peu moins bien en accélération, mais mieux pour les reprises. Des jantes de 17", en 8" de large avec des pneus de série 45, ainsi que des appendices aérodynamiques discrets (!) changeaient également tout. Heureusement, le prix de ce 300 AMG le mettait un peu hors concours, ce qui nous évite des frayeurs rétrospectives, à nous amateurs actuels du coupé XJ-S 3.6.

 

Pour certains aspects du look, le cabriolet Brabus (sur base d'un roadster Mercedes 300 SL, mais revitaminé pour le couple) faisait encore plus fort : jantes de 18 en 9,5" de large, pour des pneus de 275x35 à l'arrière. Par chance, toujours pour nous, en 1991, la base Mercedes cotait déjà 600 kF, en neuf, et donc la version Brabus un peu plus.

 

 

En haut de la hiérarchie ... des concurrentes

Rappel : on est toujours ici sur la base de la note de «look», en ce début du 21ième siècle.

Ce n'est donc pas un hasard si l'on trouve ici deux voitures dont l'esthétique et la ligne attrayante ont constitué la première qualité relevée à leur égard. Sur ce point, Lotus Esprit et Venturi sont difficiles à départager : plus d'agressivité chez la 1ère, un coup de crayon plus simple pour la 2ème.

 

Lotus Esprit Turbo

 

Dans sa configuration de 1989 : carrosserie et mécanique. Sa ligne avait favorablement évolué, dans la définition et l'intégration des appendices aérodynamiques, depuis la 1ère sortie de cet Esprit, fin 1975. Du côté de la présentation de la mécanique, on retrouvait quelque chose de la Maserati Biturbo : couvre-culasse partiellement rouge, tout comme la longue bride d'alimentation en air compressé des 2 carbus. Mais cuir et clim restaient en option.

 

 

Venturi MVS

 

 

 

Premier modèle commercialisé de cette nouvelle marque, et pratiquement un coup de maître : ligne (avec quelques emprunts à Ferrari, dit-on), cuir et bois, et un moteur qui poussait fort, à défaut d'être né noble (le V6 PRV, turbotisé chez Renault, et là avec le vilebrequin à manetons décalés, qui le faisait tourner moins ... carré qu'avant).

Par chance, Venturi et Lotus n'avaient que 2 places, ce qui ne pouvait pas convenir à nos besoins d'amateurs de coupé, parfois chargés d'une (petite) famille ! Nous l'avions échappé belle ...

 

 

 

CONCLUSION, pas facile

Revenons aux notes de l'ensemble des tableaux, et aux chrono qui y sont joints :

 

·  pour ces dernières mesures, XJ-S était un peu à la peine pour traîner son poids. Cet inconvénient était plus évident vers 1985, qu'il ne l'est aujourd'hui pour un usage plus placide, si l'âge de la dame (la voiture, bien sûr) et le nombre de points du permis du ou de la propriétaire, l'exigent ;

·  pour la consommation, le même motif (le poids) et la cylindrée plaçaient XJ-S dans la moyenne, par rapport à des concurrentes plus légèrement «troussées», sur ces 2 points ;

·  en matière d'habitabilité, ces concurrentes plus légères s'imposaient leur propre handicap : 2 + 2 ... toutes petites places, ou 2 seulement ;

·  pour le confort, XJ-S plaçait la barre haute, mais pour l'équipement, en dehors du trio «bois + cuir + clim», il restait des lacunes ;

·  le look, de 1985, ou celui «valeur 2003», facilite le choix, si c'est ce critère qui est mis comme priorité ;

·  donc, globalement, parmi une vingtaine de concurrentes, 2 voire 3 égalent ou dépassent le coupé XJ-S 3.6 ; mais ces 2 ou 3 là (Venturi «1ère version», Lotus Esprit, ou telle autre que l'on peut ajouter) sont quasi-introuvables, aujourd'hui comme il y a 3 ou 5 ans, et cela devrait bien priver certains amateurs d' XJ-S 3.6 sinon de toute envie, du moins de toute possibilité de passer ... à la concurrence.