XJ-S
... et la concurrence
|
On peut être
utilisateur quotidien d'un coupé XJ-S et fervent supporter de tous les
modèles de la famille, sans pour autant faire partie de ceux pour qui c'est
: "Un XJ-S, sinon rien....!" Le choix d'un XJ-S, par rapport à
d'autres voitures concurrentes, s'est bien posé à ceux qui pendant 20 ans
(de 1975 à 1995), ont acquis des XJ-S neufs, ou déjà alors d'occasion. La
compilation des avantages et inconvénients de diverses voitures
concurrentes éclairera également le choix de ceux qui en 2003 ont
l'intention de franchir le pas, pour rejoindre la famille des (heureux!)
propriétaires d'XJ-S.
|
|
|
Premier
épisode : Coupé V12 de 1976 à 1981
|
|

|
|
Coupé V12
1975 (pré-HE)
|
Les concurrentes retenues
|
|
· De
1976 à 1981, XJ-S pratiquait la monoculture, avec un seul moteur et une seule
caisse : le coupé V12, avec le haut du moteur dans sa configuration initiale,
correspondant à l'appellation «pré-HE».
· De
ce fait, l'inventaire des voitures concurrentes est forcément limité, en
retenant qu'elles doivent s'approcher des caractéristiques d'un XJ-S :
- un coupé, avec un moteur d'assez
grosse ou grosse cylindrée,
- un confort et un équipement
correspondant à la philosophie «Grand Tourisme»,
- un prix comparable.
· Cela
élimine :
- les italiennes à moteur V12
(Ferrari, Lamborghini) dont le prix de l'époque était hors norme. De plus,
pour un usage quotidien de ces italiennes, il fallait sûrement avoir dans ses
relations un bon metteur au point de moteurs.
- quelques autres, dont le prix était
dans la norme, mais dont le caractère était plus typé «Sport» que «Grand
Tourisme» : Porsche 911, «petite» Ferrari, telle que la série des 308 (V8,
environ 3 litres).
|
|
Il aurait été possible d'inclure dans les
concurrentes quelques coupés US à gros V8, sur lesquels mes archives sont
plutôt avares de détails, sur la période considérée. Citons chez Chevrolet,
la CAMARO Z 28, et surtout la CORVETTE : cette dernière ne semblait même plus
être importée, à la fin des années 70, et ne réapparaîtra qu'en 1983-1984.
|
Caractéristiques, qualités et défauts de la concurrence
|
|
Ces données sont rassemblées dans le
tableau ci-joint. Pour certaines des mesures d'accélération et de reprise,
des valeurs font parfois défaut : on notera que la mesure de l'accélération
sur 1000 m départ arrêté, donne une bonne hiérarchie des voitures comparées
sur ce point ; quant aux valeurs pour l'aptitude en reprise, par exemple de
80 à 120 km/h, sur les rapports intermédiaires, elles ne seront généralisées,
dans les articles de la presse, qu'à partir du début des années 1980.
En bas du tableau, les notes indiquées
correspondent à une synthèse traduite en chiffres (de 1 - médiocre
- à 5 - très bien -) des appréciations et commentaires relevés dans
ces mêmes articles, en matière de consommation, habitabilité et
confort-équipement.
Pour la note de «look», facteur non
négligeable d'achat d'un XJ-S de 2ème, 3ème, ou 4ème main ( !) en 2003, il
s'agit d'une appréciation toute personnelle de C. Mourier, qui s'est
toutefois voulu aussi peu chauvin que possible ..., même si cela est resté un
exercice difficile. Bien entendu, l'auteur de cette chronique aurait pu
attribuer à XJ-S ... un 20/20, ce qui n'aurait trompé personne, si l'on
considère, par exemple, la consommation très très élevée d'un XJ-S pré-HE,
bien connue des essayeurs de l'époque, ou des utilisateurs actuels.
|
Des commentaires s'imposent sur le contenu
du tableau ci-joint, où XJ-S occupe la première place (dans l'ordre du
tableau ...) et où les voitures concurrentes apparaissent en ordre non pas
hiérarchique, mais simplement chronologique.
XJ-S On relève un chiffre de 28'' au 1000 m
DA, très correct pour l'époque, mais en retrait pas rapport aux 27'', en
1971, de la Type E, avec le V12 à carbu. de 272 CV, en boîte 4 méca., mais
avec seulement 1500 kg.
Pour XJ-S, une boîte 4, même auto, à
rapports 1 et 2 plus courts, aurait sûrement permis d'améliorer les valeurs
relevées de 0 à 100 km/h, et surtout en reprise de 80 à 120 km/h, sur la 2ème
: en effet, dans cet exercice, les régimes-moteurs n'évoluent
approximativement que dans la tranche des 3000 à 4000 tours, ce qui est loin
du potentiel de la mécanique. De plus, je n'ai jamais su si le temps de
passage de 80 à 120 inclut le temps de mise en oeuvre du kick-down : une
très grosse seconde, et variable selon les réglages ...
La preuve en est : en mesure d'accélération
depuis l'arrêt, à fond de 1ère et de 2ème, en manuel, la valeur du temps de
passage de 80 à 120 km/h est comprise selon les sources, entre 4,5 et 5
secondes.
|
Et la concurrence, alors, me direz-vous ?
Passons-y ...
|
BMW
A la fin des années 70, BM poursuit sa course à l'armement et à la
puissance, engagée depuis déjà 10-12 ans.
|
|
Coupés 633 et 635
A défaut d'être un véritable concurrent
d'XJ-S, le coupé 633 est quand même une date dans l'histoire de la marque,
avec pratiquement son 1er moteur à 200 CV. Deux ans plus tard, on rajoute
environ 10 % de cylindrée et de puissance, avec le coupé 635. Pour ces deux-là,
deux belles carences :

- en matière de confort, avec des
sièges aux angles aussi marqués et peu accueillants que ceux d'un banc
d'église ... on dit que le plus difficile était de s'y asseoir, et qu'ensuite,
cela passait ...
- une face avant bizarre, avec son
inclinaison inverse par rapport aux canons de l'aérodynamique, tout comme
dans la berline 7 dont dérivaient ces coupés. Mais XJ-S a aussi la même
caractéristique, en beaucoup moins visible, toutefois.
|
Coupé M1
Par son prix hors norme, à peu près 2
fois celui d'un XJ-S en 1980-1981, et de peu inférieur à
celui de Ferrari et Lamborghini V12, ce coupé n'aurait pas dû trouver sa
place ici ; il n'y est que parce qu'il étrennait la lignée ... des 6 en ligne à
24 soupapes, qui se perpétue depuis 20 ans dans les berlines M5 (1986) puis
les M3, en berline, coupé, cabriolet, Z3 coupé et cabriolet.
|
|

|
PORSCHE
Après une 1ère version, 928 tout court, que beaucoup d'essayeurs
avaient trouvée sous-motorisée de 40 à 50 CV,
la S, 2 ans plus tard, remettait les pendules à l'heure : 200 cm3 de plus,
600 à 700 tours/minute de régime en plus,
et 60 CV de mieux.
|
|
Par rapport à XJ-S, la Porsche, de derrière
avec la 928, passait devant, avec la S, pour les performances ; il en était
de même pour la consommation.
|

|
Dans les 2 versions, le compartiment
arrière avait une bonne habitabilité ... pour des lilliputiens : rien à envier
là-dessus à la 911.
Pour le «look», en 2003, ça se discute,
mais difficile quand même d'y résister
|
MERCEDES
Trois modèles dont un cabriolet, dans le tableau, en se limitant à
ceux de cylindrée approchante à celle d'un XJ‑S.
Trois modèles qui concurrencent bien XJ‑S, pour le confort,
l'habitabilité (pour le Coupé 500 SEC de 1982, mais pas pour le cabriolet 500
SL qui est un strict 2 places).
Mais pour les moteurs et les performances, il n'y a pas photo en
défaveur des trois V8,
à rendement (volontairement ?) limité.
|
|
Coupé 450 SLC et Cabriolet
500 SL
Pour le «look», valeur 2003, ces deux-là
sont plutôt patauds et lourdauds, même si le cabriolet passe un peu mieux
(décapoté ...), et avec une excuse : ils utilisaient, sinon des moteurs, du
moins une carrosserie datant de 1971.

|

Quant à la consommation, ce n'était qu'à
peine mieux qu'un XJ‑S.
A noter : dès 1978, le coupé 450 SLC
disposait d'une BA 4 vitesses, ce qui était une caractéristique peu fréquente
pour l'époque.
|
|
Coupé 500 SEC
Aujourd'hui, ce coupé-là en impose toujours
par sa stature, mais n'a pas grand chose d'un vrai coupé, avec son profil si
proche de celui de la berline S (celle apparue en 1979), dont il dérive : au
1er coup d'oeil, c'est 2 portes en moins, et rien de plus, si l'on peut dire...
Bien entendu, il y avait, à côté, une
version AMG du 500 SEC, revitaminé à 275 CV (toujours en 5 litres), bardé de
bas de caisse, de spoilers et de jupes, partout, mais pas à prix d'ami : de
450 à 600 kF, en 1983, selon équipements...
|
A près de 300 kF début 1982, cela
commençait à faire cher, pour troquer un chat enragé contre une étoile : en
plus sans lave essuie-phares, et sans clim., même à régulation mécanique, en
série !

|
|
Alors, XJ‑S «Über Alles» ?, comme disait
mon cousin germain ... Si l'on excepte le coupé BMW M1, ce serait plutôt «dead
heat» avec les 2 Mercedes de 1981-1982, avec les Porsche 928 et S, et assez
nettement mieux que les 633 et 635.
Et qui, en 2003, parmi les propriétaires
d'XJ-S, échangerait une "gueule" et un profil contre une
consommation d'essence réduite (celle des Allemandes) ?
Par ailleurs, tout ce qui précède en matière
de classements n'est pas d'une originalité folle, ou le fruit d'un
chauvinisme exacerbé. En effet, dans mes archives, deux comparatifs donnent :
- l'un, une note de 7,6/10 pour XJ‑S
contre 7,55 pour un coupé Mercedes.
- l'autre, une parfaite égalité à
7,45/10 pour un XJ‑S, un BMW et un Mercedes.
Mais il n'en reste pas moins que, pour ces
voitures âgées maintenant de 20 à 25 ans, la qualité de construction et la
longévité des Allemandes ont été supérieures à celles de nos XJ-S.
|


|